J’ai eu la chance de faire partie de cette génération de femmes qui a connu de grandes avancées pour les droits de la femme, de l’avortement à la pilule, d’être libre de disposer de son corps, de pouvoir faire des études qui autrefois étaient réservées aux hommes. Il y a eu des choses fortes en terme de paroles comme le manifeste des 343 salopes où des femmes comme Catherine Deneuve, Jeanne Moreau ou Simone de Beauvoir ont eu le courage de témoigner qu’elles avaient déjà fait le choix d’avorter. A l’époque c’était interdit par la loi.

J’étais jeune quand tout cela s’est passé mais ça a marqué les mémoires et on en parle encore. Le droit pour la femme de pouvoir dire non et de pouvoir choisir sa vie librement. Pouvoir dire non. Beaucoup de femmes n’ont pas eu ce pouvoir, beaucoup de femmes ont vécu soumises et vivent encore soumises sans pouvoir dire non. La parole, c’est pouvoir briser le silence mais on ne peut pas toujours prendre la parole. Beaucoup de femmes de se taisent par peur, par peur des retombées que leur parole peut entraîner.

Une parole d’un petit garçon qui m’avait marquée et à laquelle je pense de temps en temps, en classe, nous avions parlé du masculin et du féminin et nous avions donné des exemples avec des animaux, le chat, la chatte, le chien la chienne. Le petit garçon avait demandé :

– Mais la chienne, c’est l’animal ou c’est la femme ?

Ce petit garçon ne fait que répéter des choses qu’il a entendu alors oui, il y a encore beaucoup à faire pour la parole et pour la place de la femme dans notre société.

Martine